La Cantine numérique brestoise ?

Rares sont aujourd’hui les innovations qui sont le fruit d’une entreprise ou d’un groupe isolés. Disposer d’un lieu convivial pour se retrouver, entre mondes parfois distants, que ce soit des communautés qui se croisent trop peu souvent, ou des indépendants qui travaillent de chez eux, permet de sortir de cet isolement et imaginer à plusieurs de nouveaux développements d’activités.

Il faut un lieu qui ne soit ni la maison, ni l’entreprise. C’est ce qu’on appelle un tiers-lieu.

Qu’est-ce qu’un tiers-lieu ?

Alors que la maison et les endroits de vie constituent les « premiers-lieux », les « second-lieux » sont les places de travail où les individus passent le plus clair de leur temps. Les « tiers-lieux » représentent pour leur part des points d’ancrage de la vie communautaire qui favorisent des échanges plus larges et plus créatifs au niveau local et permettent ainsi d’entretenir la sociabilité urbaine. Ces lieux ne sont pas les espaces publics habituels (aéroports, gares, parcs) qui voient passer une foule hétérogène. Ce sont des endroits plus localisés et dont l’espace, favorisant les liens et les échanges, a été accaparé par les individus.

Patrick Genoud, Observatoire technologique de Genève

L’échoppe du barbier est un vieux tiers-lieu. Aujourd’hui, les FabLabs (ateliers de fabrication numérique), les espaces de coworking jouent également ce rôle.

Qu’est-ce qu’un espace de coworking ?

C’est un tiers-lieu destiné aux travailleurs nomades et aux entrepreneurs en quête d’un bureau occasionnel ou d’un lieu de rencontre qui permet, selon des modalités diverses, aux acteurs du numérique, mais pas uniquement, d’évoluer professionnellement dans un cadre stabilisé au carrefour des compétences, des savoir-faire et des communautés de pratique.

On y retrouve 4 dimensions :

  • Économique, une capacité à créer du revenu,
  • Socioprofessionnelle, un lieu de référence où les professionnels d’un même domaine peuvent se rencontrer, échanger et travailler,
  • Culturelle, un lieu où certains principes et certaines valeurs d’ouverture, de partage sont mis en avant. Un lieu qui produit un mouvement, ayant une aura dépassant ses propres frontières de pouvoir d’action,
  • Territoriale et spatiale, un lieu inscrit sur un territoire, connecté à son tissu qui encadre, encourage et accélère les processus dit de «sérendipité» en favorisant les rencontres hasardeuses et non-linéaires.

Monographie rédigée par Christine Balaï, dans le cadre de l’étude réalisée avec le CNAM « Pratiques culturelles à Paris à l’horizon 2030, pour la Mairie de Paris, 2011

Alors, qu’est-ce qu’une Cantine ?

C’est tout à la fois un tiers-lieu, un espace de coworking, un espace d’animations, et un lieu d’innovation en résidence. C’est un lieu accessible et attractif en prise avec la vie sociale et économique, disposant d’équipements de communication. C’est un lieu-fenêtre : connecté à d’autres lieux similaires. C’est également un lieu-vitrine : pour montrer les « technologies inventées ou assemblées ici » C’est enfin un lieu-arrêt : dans un lieu de passage, un rôle de fabrication, de détection et de stimulation de projets. On y trouve ainsi :

  • un espace de travail, de collaboration, d’innovation, au cœur d’un territoire qui bouge,
  • divers espaces de vie : café & boissons non alcoolisées, places de coworking, salle de conférences, salles de réunion
  • des acteurs : entrepreneurs, développeurs, créateurs, chercheurs, étudiants, institutionnels, associations du numérique (mais pas que), amateurs, innoventeurs
  • des activités : réunions, tables-rondes, ateliers, soirées à thèmes, petits-dèj, BarCamp, CodeCamp, formations, développement collaboratif, conférences, keynotes, PitchCamp, rencontres employeurs…
  • des thèmes : web (2.0 etc.), open source, développement logiciel, mobile, nouveaux médias, usages, mais pas que du numérique

La plupart du temps, on dira « la Cantine » tout court, mais parfois on précise « la Cantine numérique ». À la fois pour la distinguer d’une cantine classique (où l’on mange), mais surtout parce que les Cantines utilisent fortement les outils numériques pour atteindre leurs objectifs.

À Brest, cependant, nous voulons insister sur le « pas que numérique », parce que nous pensons qu’un lieu de type Cantine doit pouvoir également atteindre les objectifs cités ci-dessus sans trop utiliser les outils du numérique. Nous essaierons de démontrer comment.

2 réflexions au sujet de « La Cantine numérique brestoise ? »

  1. Bonjour,
    je suis Dany CAUCHIE Délégué Régional Bretagne de la fondation CGENIAL (cgenial.org) et dans le cadre de notre opération « Ingénieurs et Techniciens dans les classes » je cherche quelqu’un qui pourrait intervenir pendant 1 heure dans une classe de 3ème à Châteauneuf-Du-Faou : il s’agit essentiellement de présenter son métier et sa formation aux élèves avec l’envie de les sensibiliser aux métiers scientifiques et techniques (la demande du professeur est la suivante : Démarche projet et développement durable. : quelles sont les étapes à suivre pour développer un projet de la « naissance de l’idée » jusqu’à « l’élimination »).
    Est-ce que quelqu’un parmi vous serait prêt à intervenir bénévolement dans cette classe (la date est à préciser avec le professeur).
    Avec par avance mes remerciements pour vos réponses.
    Dany CAUCHIE – Délégué Régional Bretagne de la fondation CGENIAL

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